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Chrysalide à Hossegor

jeudi 27 septembre 2007.

D’abord, on est enfant, et un jour, on se retrouve en vacances avec ses parents. Tout est normal, et puis, ca ne va plus. On se focalise sur son walkman, on essuie comme un enfant les refus de ses parents de mettre pour la cinquantième fois "non homologué" de JJ Goldman dans la voiture, on a l’impression qu’on les fait chier, que l’aquarium à 4 roues est trop petit, qu’il faut changer l’eau. On regarde par la vitre. Pourquoi ca ne va pas ?

On arrive à la plage. Elle n’est plus très drôle cette plage. Mais pourquoi ? c’est flou tout ca. On réfléchit, mais pas les autres. C’est en soi, c’est sûr. Les parents, ils discutent, le train train, on n’écoute plus. On ne leur plait plus, c’est sûr. Il y a quelque chose de physique, là dessous. Ils ne nous reconnaissent plus, d’ailleurs nous non plus. On suit. On se met là ? parasol, et tout le tralala. Finalement, on aimerait être avec les autres, là bas, entre copains, des filles ? ben finalement, pourquoi pas... On peut se chambrer entre mecs. Tiens, le mot mec ?

Et on est là, avec Papa et Maman, la soeur. Non, c’est évident, la serviette est mal placée, elle devrait être 10 mètres plus loin, là où ça gueule et ça se bat. Et ça sera tous les jours comme ça. Déprime. Il faut la montrer cette déprime, maintenant, c’est comme ca qu’on faisait avant, on pleurait, et les parents essayaient de comprendre. Là, on ne pleure pas, on fait chier. Parce qu’on n’est plus un enfant. Mais les parents ne comprennent pas. En fait ils comprennent. C’est juste qu’il n’y a rien à comprendre, c’est pas les dents, c’est pas la croissance, pas de remède, il faut y passer. Pas de consolation, et tant mieux, finalement. Mais cet été, on sera tout seul face à sa famille. La serviette restera là, pas d’écartement possible. On a signé pour des vacances, on ne réfléchissait même plus à savoir si on en avait envie, c’est le nez dans le caca qu’on se dit : "très bien, autant le rater cet été. et tout faire pour le pourrir".

C’est peut être l’été le plus important, la charnière, l’indépendance, les au revoirs. Plus il sera pourri, et meilleurs seront les suivants. Alors on lutte pendant 3 semaines. Et on se retrouve à porter la glacière au millieu des ados cools en suivant sa mère qui ne sait plus où est son enfant - et qui lui a acheté des tongues CooL - avec son t-shirt noir "Indochine" qu’on ne quittera pas, sur une plage sans ombre. On ne bronzera pas, et les jeux pourront rester dans le grenier l’an prochain. Le t-shirt fera les vacances, pas question d’en changer.

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